Difficile de trouver un terme ou une expression pour qualifier l’année 2025. Difficile ? Une véritable série télévisée, dont la qualité laisse à désirer ? Oui, si on aime les euphémismes.
Ce fut une année marquée par des régressions effrayantes. Des droits humains, de la démocratie, de la défense de l’environnement. Mois après mois, l’ordre mondial a été bouleversé par les sauts d’humeur de Donald Trump, chef d’Etat violent, adepte des pires méthodes et menteur pathologique à la tête des Etats-Unis. Des coupes budgétaires drastiques sont opérées dans tous les programmes liés au développement international, et l’Organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) n’a pas échappé à ce désastre. Heureusement, son évaluation des ressources forestières mondiales a quand même pu voir le jour. Publié tous les 5 ans, ce rapport très attendu confirme que de graves menaces continuent de peser sur les forêts.
Que retenir de ce bilan ? Quels sont les événements et les enjeux principaux pour les forêts en 2026 ? Les résumés sont toujours affaire de choix, mais on a tenté une sélection pour vous !
quelques progrès, mais une pression qui demeure
Voici une synthèse du bilan complet établi par la FAO :
- Les forêts couvrent environ 4,14 milliards d’hectares, soit environ un tiers de la surface terrestre émergée. Près de la moitié de ces forêts se trouvent en zone tropicale (Amazonie, Afrique, Asie) et jouent un rôle indispensable dans la lutte contre le changement climatique et la conservation de la biodiversité ;
- Le rythme de la déforestation reste trop élevé mais a ralenti : il est passé de 17,6 millions d’hectares par an entre 1990 et 2000 à 10,9 millions d’hectares par an entre 2015-2025 ;
- Entre 1990 et 2025, la déforestation a concerné à 88% le domaine tropical ;
- Des progrès existent, notamment une augmentation des surfaces forestières juridiquement protégées selon la définition de l’UICN
Les tendances semblent donc plutôt positives, mais les pressions humaine et climatique restent très fortes. Les forêts, tropicales notamment, sont toujours détruites à un rythme qui reste très élevé, alors que ces « poumons verts » sont essentiels à la préservation du vivant et au maintien de l’équilibre climatique.
une dérégulation européenne
L’Union européenne s’était dotée d’unrèglement ambitieux contre la déforestation importée (RDUE), dont le but était d’empêcher que des produits comme le café, le cacao, le soja, l’huile de palme, le bois, le cuir ou le bœuf vendus sur le marché européen aient contribué à la destruction des forêts après 2020.
Or, après plusieurs rebondissements, les institutions européennes ont décidé de :
- Décaler au 31/12/2026 sa mise en application ;
- Mettre en place une clause de révision en avril 2026, soit avant son entrée en application. Cette clause crée encore un nouveau risque de vider complètement la loi de sa substance.
Pour en savoir plus ce règlement et ses enjeux, n’hésitez pas à regarder le replay de la conférence d’Elodie Ritzenthaler organisée lors de notre rencontre des partenaires en décembre dernier !
Cette dilution du RDUE s’inscrit plus largement dans une dérégulation européenne des lois de protection de l’environnement, incarnée par la directive Omnibus voté par le Parlement européen en novembre 2025. Un texte qui vise à « simplifier » plusieurs mesures du Pacte vert européen, dont les obligations des entreprises en matière de devoir de vigilance et de transparence sur les droits humains et les dégâts environnementaux.
De nombreuses associations se mobilisent contre ce backlash écologique au sein de la coalition HandsoffNature, dont all4trees fait partie. Une pétition est en ligne pour appeler chacun.e à refuser l’affaiblissement des lois de protection de la nature : en un clic, rejoignez le mouvement et faites entendre votre voix !
cop17 : s’entendre pour préserver le vivant
En octobre 2026, la 17e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP17) se tiendra à Erevan, en Arménie. Moins médiatisées que celles sur le climat, ces réunions internationales sont pourtant cruciales pour mettre en œuvre l’accord de Kunning-Montréal adopté en 2022, visant à stopper la destruction des écosystèmes et des espèces d’ici 2030.
Cette COP s’inscrit dans la continuité de la COP16 qui s’est tenue à Cali en Colombie en 2024, et à laquelle all4trees avait participé avec la délégation du Comité français de l’UICN aux côtés d’autres associations. Elle visera à évaluer les progrès vers les objectifs de cet accord, afin d’assurer que les engagements en faveur de la nature — y compris des forêts — se traduisent en actions concrètes et mesurables avant 2030. Les dirigeants devront :
- Mesurer où en sont les pays dans la mise en œuvre de leurs engagements ;
- Renforcer la coopération internationale en faveur de la biodiversité ;
- Encourager des mécanismes de financement et de planification qui incluent les forêts parmi les écosystèmes prioritaires.
En 2024, aucun résultat tangible n’avait été obtenu et de nombreux points avaient reporté à 2026 (retrouvez notre bilan de la COP16 en cliquant ici). Espérons que celle-ci tiendra davantage ses promesses et que les dirigeants seront, cette fois-ci, à la hauteur des enjeux.
comment agir ?
Difficile de savoir comment agir alors que les bonnes nouvelles se font rares. On peut rapidement se sentir dépassé.e, voire impuissant.e face à l’ampleur des défis environnementaux à travers le monde. Mais protection des forêts n’est pas seulement l’affaire des États ou des grandes conférences : chacun.e de nous peut agir à son échelle !
Voici quelques propositions :
- S’informer et partager
Comprendre les enjeux forestiers, c’est déjà agir ! N’hésitez pas à vous renseigner sur notre site ou celui d’autres associations de protection des forêts, puis à les partager avec votre entourage : https://all4trees.org/nos-actualites/
- Faire des choix de consommation responsables
Quels produits consommer pour avoir moins d’impact sur les forêts ? Bonne question ! Plusieurs labels peuvent déjà vous guide (commerce équitable, bio…), consommer des produits locaux et de saison… Et pour en savoir plus sur ces enjeux, n’hésitez pas à participer à une Fresque de la Forêt.
- Soutenir des associations qui protègent les forêts
De nombreuses associations travaillent pour la préservation et/ou la restauration des forêts. N’hésitez pas à découvrir les projets menés sur le terrain par les membres de notre coalition ! Il est également possible de les soutenir tous les 4 en 1 seul don grâce à notre Fonds pour la préservation des forêts.
- Pousser les institutions à agir
Contacter vos représentants politiques pour demander des mesures concrètes en faveur d’une législation forte et de financements adaptés, pour la protection des forêts. Nous publions régulièrement des articles d’informations à ce sujet, des pétitions à signer ou nous relayons vers des associations partenaires. N’hésitez pas à vous abonner à notre newsletter pour être tenu.e informé.e !

que retenir pour 2026 ?
LEn 2026, les forêts tropicales sont à un point de bascule. Elles continuent d’être attaquées de toute part par la main des humain, le dérèglement climatique aggrave incendies et sécheresses et réciproquement, les engagements politiques reculent tout azimuts au lieu de se renforcer… L’inaction n’est plus acceptable. Les engagements internationaux, comme ceux pris lors des COP, doivent devenir des actes concrets sur le terrain. Les communautés locales et autochtones, premières protectrices des forêts, doivent être soutenues et respectées. Et les financements pour la conservation et la restauration doivent enfin être à la hauteur de l’urgence. Face aux reculs réglementaires et aux pressions économiques, all4trees reste pleinement mobilisée : nous continuerons à agir, à alerter et à proposer des solutions pour défendre les forêts, indispensables au maintien d’un climat compatible avec la vie sur Terre, à la survie d’une biodiversité riche et à l’avenir des générations futures.
Sources :