Allô docteur ? 5 chiffres clés prouvant l’importance des forêts pour la santé planétaire

La planète va mal : dérèglement climatique, déclin de la biodiversité, prolifération des ravageurs, multiplication des maladies infectieuses... Et si tout était lié ? Et si, pour favoriser la santé planétaire, il faudrait remettre les forêts au centre ? La preuve en 5 chiffres clés. Read More
Allô docteur ? 5 chiffres clés prouvant l’importance des forêts pour la santé planétaire

La planète va mal : dérèglement climatique, déclin de la biodiversité, prolifération des ravageurs, multiplication des maladies infectieuses… Et si tout était lié ? Et si, pour favoriser la santé planétaire, il faudrait remettre les forêts au centre ? Cathalijne, cheffe de projet impact à all4trees, le prouve en 5 chiffres clés.

60% des maladies infectieuses ont une origine animale

Source : OMS, 2026

Apparition du Mpox à Madagascar, épidémie d’Ebola en Afrique centrale, foyer d’Hantavirus à bord d’un navire de croisière européen… Le mot « zoonose » est sur toutes les lèvres depuis la crise sanitaire de la Covid-19.  Si on semble aujourd’hui faire face à une résurgence des maladies infectieuses, ce n’est pas que les agents pathogènes ont décidé de s’acharner ; c’est que la planète qui les accueille a changé : la croissance démographique, l’accélération des déplacements et l’augmentation des activités dans et autour des forêts – exploitation minière, agriculture, chasse – sont autant de facteurs qui favorisent la transmission des virus. De nombreuses études ont ainsi permis de prouver que les cas de maladies infectieuses sont plus fréquents dans les zones affectées par la déforestation.

L’ADN environnemental permet de détecter les traces d’agents pathogènes dans l’environnement

75 % des espèces végétales cultivées ont besoin d’être pollinisées

Source : FAO, 2018

are néanmoins à uniquement voir la santé humaine sous le prisme des maladies transmissibles ! La chauve-souris a ainsi été longtemps diabolisée comme hôte de virus pathogènes comme la Covid ou l’Ebola. Pourtant, elle joue une fonction clé dans les écosystèmes, en régulant les populations d’insectes, notamment certaines arboviroses (comme les moustiques), et en contribuant à la pollinisation des fleurs de plus de 500 espèces.

Or, de nombreuses espèces de chauves-souris sont aujourd’hui menacées par la destruction de leurs habitats. Le déclin de ces espèces, aux côtés des insectes pollinisateurs, pourrait avoir un impact négatif important sur la consommation alimentaire humaine, non seulement en termes de calories, mais aussi en termes de nutriments, vitamine A, folate, ou encore de calcium.

Aujourd’hui menacées par la déforestation, les chauves-souris (© Sirga Drouet) et les abeilles jouent un rôle clé dans la pollinisation et donc dans l’alimentation humaine

Les maladies et ravageurs causeraient jusqu’à 40 % des pertes de cultures vivrières mondiales

Source : FAO, 2020

Si certains espèces souffrent des effets de la déforestation, d’autres semblent très bien s’en accommoder.  C’est le cas notamment des criquets, qui voient les espaces colonisables s’étendre avec le recul des lisières forestières : les savanes herbeuses offrent en effet des conditions idéales pour la reproduction et la ponte. A Madagascar, on les voit arriver de loin : une nuée d’insectes stridulants, qui ravagent tout sur leur passage et laissent dans leur sillage un spectacle désolant de cultures détruites.

C’est également le cas de certaines espèces végétales envahissantes, qui peuvent avoir des effets dommageables sur la santé humaine et animale. Certaines ont des propriétés toxiques ou urticantes, tandis que d’autres provoquent des difficultés respiratoires ou des allergies, à l’image des graminées, qui prennent peu à peu la place des forêts malagasy et qui sont des déclencheurs majeurs d’allergies respiratoires et d’asthme dans le pays.

Les criquets représentent une grave menace pour la sécurité alimentaire mondiale

100 % des forêts sont bénéfiques pour la santé humaine

En train de se frayer un chemin entre les gousses terriblement urticantes du pois mascate du Makay, on irait presque jusqu’à oublier un autre positif majeur des forêts : leur capacité à générer le bien-être. Qui, en se rendant en forêt, n’a jamais ressenti l’effet apaisant des jeux d’ombres ou du bruissement des feuilles au vent ? Les forêts offrent en effet un cadre naturel qui réduit le stress, abaisse la tension artérielle et renforce le système immunitaire.

 Les riverains des forêts tropicales le savent également depuis la nuit des temps : la forêt est source d’aliments, de médicaments et de repères spirituels, à condition de respecter son intégrité. Même le pois mascate n’est pas aussi nuisible qu’il parait : la médecine traditionnelle lui prête ainsi de nombreux bienfaits dont celui de traiter l’anémie, la dysenterie, l’aménorrhée, les vers intestinaux ou encore les morsures de serpents. La gousse peut également être utilisée comme complément alimentaire. De quoi voir d’un œil différent cette plante qui ne laisse pas indifférent !

Les écosystèmes forestiers possèdent de nombreuses vertus thérapeutiques et médicinales, à l’image de ce pois mascate (© Alix Thiebault)

Une quantité innombrable de vies sont préservées chaque année grâce aux forêts 

Dans ces conditions, on comprend que la préservation des forêts tropicales est vitale, non seulement pour les communautés qui en dépendent, mais aussi à plus large échelle : il en va de la santé de la planète entière. Mais comment savoir et prouver ce qui se passerait sans les actions de conservation et de restauration ?  

Pour répondre à cette question, il est possible de recourir à la modélisation, c’est-à-dire une représentation simplifiée et abstraite de la réalité destinée à simuler ou à prédire des situations complexes. Ainsi, en modélisant l’effet d’une diminution de 50 % de la pollinisation dans 152 pays, une étude du Lancet (2015) a estimé à 700 000 décès supplémentaires par AVC, cancer ou maladies cardiaques. A l’inverse, un régime alimentaire de santé planétaire flexitarien diminuerait de 11 millions les décès annuels au niveau mondial.

A une échelle plus réduite, et avec des moyens plus abordables, on peut aussi documenter l’impact des actions de préservation sur l’état des écosystèmes, l’adoption de pratiques bénéfiques, les habitudes alimentaires ou encore sur les conditions de vie locales. Autant d’informations clés pour redonner à la forêt la place qu’elle mérite et réorienter les ressources là où elles sont les plus nécessaires.

Plus dans « Actualités »

7 restaurants vegan à Paris

Découvrez 7 restaurants vegan à Paris pour manger autrement et préserver la biodiversité. Des adresses gourmandes et engagées. Read More

Carnet de bord #24 : la biodiversité oubliée

Avez-vous déjà remarqué que, en ce mois de la biodiversité, les images partagées sur les réseaux sociaux manquent étonnamment de diversité ? Si les grands mammifères, les oiseaux et les papillons colorés sont légion, de nombreuses autres espèces manquent à l’appel. Read More

Carnet de bord #23 : contre vents et pluies

Mandoto, Madagascar. Des silhouettes s’affairent telles des fourmis se balançant au bord d’un cratère. Objectif : planter des arbres afin de lutter contre l’érosion ! Read More