Mettre en place des outils pour mesurer les impacts de projets de reboisement tropicaux : tel est l’objectif passionnant de ma mission de volontariat de solidarité internationale pour all4trees ! Cette mission m’amène à travailler auprès de quatre porteurs de projet différents, dans pas moins de quatre pays et sur des aspects aussi variés que la biodiversité, la structure du sol, les ressources alimentaires et énergétiques, l’économie et la gouvernance. Au mois de juin, me voici de retour dans le Makay pour la poursuite des inventaires forestiers.
Cap vers le Sud
Si le Makay Nord est difficile d’accès, le Makay Sud se fait encore plus désirer ! En effet, il ne faut pas moins de deux jours de route nationale cahoteuse et autant de jours de piste aventureuse pour atteindre le village de Tsivoko au pied du massif – un itinéraire que je connais bien pour l’avoir partiellement parcouru à pied l’année dernière après une panne de taxi-brousse !
Heureusement, cette année, la route nous est plutôt favorable ; elle nous réserve même quelques belles surprises, notamment des paysages à couper le souffle et une traversée magique du fleuve Mangoky au clair de lune. Toutefois, la plus grande surprise nous attend à l’issue de la marche finale : la forêt de Menapanda est dotée d’un véritable camp de base, comprenant fosse à feu, séchoirs à linge et tables en bambou… Un confort inespéré au cœur même de la forêt !
A gauche : le bac à traction humaine sur le fleuve Mangoky (© Naturevolution)
A droite : le camp de base de la forêt de Menapanda
Au cœur du Makay
Si le temps sur place nous est compté, notre équipe est désormais bien rodée. En l’espace de 5 jours, nous avons ainsi le temps d’installer et d’inventorier des placettes à la végétation très variée : de la forêt dense du cœur du massif à la forêt dégradée des lisières, et de la forêt sèche des hauteurs à la ripisylve des fonds de canyon. Les écovolontaires de Naturevolution viennent nous donner un coup de main à tour de rôle. Entre sessions d’inventaire, ascensions au « point réseau » et soirées au coin du feu, les relations se tissent rapidement et offrent autant d’occasions d’apprendre les uns des autres.
A gauche : l’équipe de la forêt de Menapanda au grand complet (© Naturevolution)
A droite : l’équipe de suivi d’impact (© Naturevolution)
Après la forêt de Menapanda, nos chemins se séparent : les écovolontaires et écogardes prennent la direction de la forêt d’Apandrakazo, tandis que François, Henintsoa et moi rallions à pied et en charrette à zébu deux villages d’intervention historique : Tsivoko et Beronono. Une fois sur place, nous affrontons une dernière fois le soleil pour poursuivre notre travail d’inventaire dans les zones de reboisement gérées par Naturevolution. Au total, nous aurons inventorié 42 placettes réparties sur 5 zones de reboisement et 3 massifs forestiers : une belle collection de données à analyser !
Des profondeurs de la terre à la canopée de la forêt : rien n’échappe à l’équipe de mesure d’impact !
Sur le chemin de retour
L’heure est désormais venue de rebrousser chemin. Il est grand temps : la voiture commence à montrer des signes de fatigue après deux mois dans le Makay, et ne démarre plus qu’à la force des bras ; pas de quoi décourager Pascal, notre chauffeur-mécanicien, qui affronte imperturbablement les nombreux obstacles pour nous ramener à Beroroha, aux portes sud du Makay. Nous arrivons pile à temps pour applaudir les collègues de Naturevolution lors du défilé organisé à l’occasion de la fête nationale. Entre deux festivités, je profite de la présence de l’équipe au grand complet pour poursuivre les entretiens exploratoires avec les apiculteurs du Sud et collecter des données utiles sur les filières économiques avant de quitter le Makay pour la dernière fois cette année.
Pour le retour, j’opte cette fois-ci pour une route un peu différente : 5 jours de pirogue le long du Mangoky, le plus grand fleuve malagasy, entourée de dizaines de crocodiles, de milliers d’oiseaux et d’un nombre incalculable de baobabs… Une transition en douceur entre le Makay et les Hautes Terres, où la mission se poursuivra !
Add Comment