Forêts et eau : une théorie du ruissellement (ap)prouvée !

 

Alors que le changement climatique provoque des tempêtes de plus en plus fortes, les inondations se multiplient, faisant malheureusement des victimes et causant d’immenses dégâts matériels. En France, elles représentent le premier risque naturel en termes de dommages occasionnés, et nous avons tous été marqués par les images dans le nord du pays en fin d’année dernière.

Les inondations, un phénomène naturel mais aggravé

Certes, les inondations sont un phénomène naturel mais leurs conséquences sont, dans certaines régions, aggravées par les activités humaines comme le changement d’usage des sols. Urbanisation, déforestation, agriculture… ont modifiés les paysages et détruits les espaces naturels qui jouaient un rôle de tampon lors de ces phénomènes climatiques.

En zones urbaines et péri-urbaines, l’artificialisation des sols les a rendu imperméables ne permettant plus l’écoulement et l’absorption naturelle des trop pleins d’eau.

En zones rurales, les remembrements agricoles ont fait disparaître les forêts, les bocages et les haies dont les systèmes racinaires jouent un rôle majeur dans la structure du sol. Dans le même temps, l’utilisation de tracteurs de plus en plus lourds ont tassés les sols, les rendant plus compactes et imperméables.

Tous ces facteurs  réduisent la capacité des sols à absorber l’eau, entraînant ainsi de forts ruissellements et les inondations en cas de pluies violentes. A l’échelle internationale, la destruction des mangroves (sur les littoraux) ne protège plus les cotes de la houle, augmentant également les risques d’inondations.

 

Des solutions fondées sur la nature

Les digues, les barrages ou la modification du tracé des rivières constituent des « solutions » temporaires, voire illusoires. C’est pourquoi il est nécessaire de mener une réflexion globale, une politique d’aménagement du territoire, depuis la source jusqu’au littoral :

  • Réduire l’artificialisation des sols pour favoriser l’infiltration de l’eau et réduire les vitesses d’écoulement en surface
  • Conserver les zones inondables pour qu’elles puissent continuer à jouer un rôle tampon vis-à-vis des crues
  • Restaurer les méandres quand les rivières ont été transformés en chenal rectiligne
  • Lutter contre la disparition des mangroves, qui servent de bouclier naturel pour protéger l’intérieur des terres
  • Préserver les arbres existants, et en planter si nécessaire, sur les bassins versants et les berges des rivières (la plantation d’arbres en ville n’aurait que des effets très minimes sur la diminution du ruissellement)

Il est difficile, à ce jour, de quantifier précisément le rôle « anti-inondations » des arbres : ces études dépendent, pour partie, de la modélisation (et sont donc non validées par l’expérience) et il arrive que les sols forestiers soient inondés eux aussi. Néanmoins, certains services écosystémiques rendus par l’arbre ont été maintes fois prouvés : fixation et structuration des sols, filtration de l’eau, lutte contre l’érosion… autant d’atouts indispensables, fournis gratuitement et sans contrepartie (à part le laisser tranquille), pour nous protéger des inondations.

Vous voulez en savoir plus sur ce sujet ?  Apprendre, de façon ludique et en équipe, tout ce que la forêt nous apporte ? N’hésitez pas à participer à une Fresque de la Forêt, un atelier ludique pour apprendre – en équipe – sur les enjeux liés à la déforestation 🌳 !

L’équipe de la communauté all4trees

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